Entrepreneur du mois: Teddy Kossoko

Le créateur du jeu vidéo Kissoro

Posted by Africa Up on 17-05-2018

Chers afro-uppers, nous avons eu l’honneur ce mois d’échanger avec Teddy Kossoko le créateur de Kissoro Tribal Game un jeu qui met en avant de façon remarquable le patrimoine culturel africain. Le jeu qui est disponible sur Android et iOS depuis Février 2018 est une belles réussite ! Naturellement, nous avons voulu en savoir un peu plus et et il a accepté de répondre à nos questions …

Entretien avec Teddy Kossoko

Teddy Kossoko

Peux-tu te présenter à la communauté Africa Up ? Quel est ton parcours ?

Je m’appelle Teddy Kossoko. J’ai 23 ans et je suis originaire du Centrafrique. Je suis titulaire de deux brevets de collèges (Centrafricain et Français) et de deux baccalauréats (Centrafricain et Français). En 2012, alors que mon lycée me formait pour aller en médecine, j’ai décidé d’aller faire de l’informatique, contre l’avis de mes parents. Finalement j’ai réussi à les convaincre et ils m’ont ensuite envoyé en France faire de l’informatique appliquée à la gestion des entreprises.

Kissoro, d’où est partie l’idée de ce projet ? Quel en est le concept ?

Kissoro est le premier jeu que j’ai développé pour valoriser le Centrafrique et l’Afrique en général. En 2012 quand je suis arrivé en France je me suis rendu compte que beaucoup de personnes n’arrivaient pas à placer mon pays sur une carte, que beaucoup ne savaient rien de l’Afrique (et ils avaient une mauvaise vision du continent), qu’en Europe les jeux vidéo sont l’un des médias les plus efficaces pour toucher du monde. Du coup j’ai décidé de créer un jeu vidéo parlant de l’Afrique. Vu que je ne suis pas un gamer, j’ai eu du mal à trouver des idées innovantes. C’est comme ça qu’en m’appuyant sur la citation “si tu sais pas où tu vas, il faut au moins savoir d’où tu viens” que j’ai décidé de créer Kissoro, l’un des jeux africains les plus vieux au monde.

Parle-nous un peu de l’équipe derrière le projet.

Derrière ce projet, il y a eu Matthieu, mon graphiste. C’est un français, qui ne sait rien de l’Afrique et qui n’a jamais mis pied là bas. Mais nous avons fait un travail énorme ensemble. Il y a eu Julien Moreau, mon conseiller. Il m’a apporté beaucoup de son expertise et de ses connaissances. Puis il y a eu beaucoup de personnes qui ont traduit et testé le jeu.

Quels sont les objectifs que vous visez à travers ce projet, au-delà de l’aspect divertissement ?

Au-delà du divertissement, avec Kissoro, je veux envoyer un message de paix à la jeunesse centrafricaine, africaine et par extension la jeunesse mondiale. Dans mon jeu, on résout la guerre pas les jeux car les armes n’ont pas permis de trouver une solution. Ce que je veux dire, c’est qu’on doit arrêter de nous battre avec les armes. Un de mes objectifs est d’avoir un nom et une notoriété me permettant de développer d’autres projets plus importants par la suite.

Qu’est ce qui explique selon toi la faible représentativité de l’Afrique dans l’univers du jeu vidéo ?

Le pouvoir d’achat de l’africain est faible, donc les studios de jeux vidéo ne vont pas se prendre la tête pour faire des jeux sur l’Afrique sachant que personne ne les achètera; ou ils utilisent de temps en temps des stéréotypes comme la savane pour les jeux de guerre, ce qui contribue à montrer l’Afrique comme un continent où il n’y a que la savane. De plus les jeux vidéo sont très mal vus sur le continent. Ils sont considérés comme rendant violents la jeunesse ou une perte de temps alors que c’est un outil de communication puissant.

En termes de perspectives, quelles sont les prochaines étapes ?

Actuellement je suis entrain de créer Masseka Game Studio, le studio qui va porter le prochain jeu, et je travaille en même temps avec mon équipe sur le prochain jeu. Nous sommes six jeunes et nous voulons changer le monde des jeux vidéo.

Quel est ton message à la jeunesse Africaine, aux entrepreneurs présents et futurs ?

Lancez-vous. S’il-vous-plait. Battez-vous. Nous avons besoin de leaders, de success story. Nous devons nous battre coûte que coûte et travailler comme des fous pour y arriver, sinon dans quelques années nous risquons de voir les chaines de l’esclavage et de la colonisation revenir.